Après l’échec de la l’insurrection de 1871, l’administration coloniale française mit en œuvre une politique systématique de confiscation, de séquestre et de dépossessions des terres appartenant aux tribus considérées comme insurgées. Cette politique s’inscrivait dans une stratégie plus large de contrôle territorial et de consolidation de la présence coloniale, par la création de villages coloniaux et de colonies agricoles destinées à l’installation de colons européens.
C’est dans ce contexte que furent séquestrées, dès 1871, de vastes étendues de terres appartenant aux fractions des Ouled‑Tebaan, Ouled‑Saad, Ouled‑M’hammed et Ouled‑Boubkeur. Les premiers colons furent initialement installés à Agadi, site correspondant à l’actuel ARBID Ali. Toutefois, dès la première année, une maladie se déclara au sein de cette population coloniale, compromettant la viabilité du site. Face à cette situation sanitaire défavorable, l’administration coloniale décida de transférer le projet d’implantation vers un autre lieu jugé plus approprié.
Le choix se porta finalement sur le hameau de Cavallo. Ce choix ne fut pas uniquement dicté par des considérations sanitaires, mais également par la qualité exceptionnelle des terres agricoles environnantes. Les colons, soutenus par l’administration, accordaient en effet une priorité marquée à la conservation du maximum de terres fertiles pour l’agriculture, au détriment d’une urbanisation extensive. L’objectif était de favoriser le développement de fermes coloniales productives, capables d’assurer la rentabilité économique du projet de colonisation.
La création officielle du village fut actée par l’arrêté du 13 janvier 1900, faisant suite à une décision prise le 10 juillet 1899 par le préfet de Constantine. Dès le début du mois de janvier 1900, des lots de terres furent mis à la disposition des colons. Ces lots étaient destinés à l’implantation de fermes coloniales, parmi lesquelles figurent notamment les fermes Galland, Grassi, Pepi, Niger, Melva et Cartier. Cette phase marque le début effectif du peuplement colonial structuré dans la région.
Le village colonial se composait de deux entités complémentaires. La première était de nature essentiellement agricole : elle concernait des terres divisées en sept lots, s’étendant de Bourchaïd à Cavallo, et destinées à l’exploitation agricole. La seconde correspondait à la partie urbaine, centrée sur le hameau de Cavallo lui‑même, établi sur des terres séquestrées dès 1844. Ce hameau représentait le point le plus septentrional de l’arch des Ouled‑M’hammed.
Géographiquement, le périmètre du hameau de Cavallo était délimité par plusieurs repères locaux : Fadj‑Ezzerzour‑Ras‑El‑Herass (site de l’actuelle station‑service), Kaâ Essouk (de l’actuelle mairie jusqu’à la mer), Taghzourt (le terrain situé en face du port), Djebel Boumaali, Safia et enfin Sequia, correspondant aujourd’hui à Kalitous et au quartier Barrahal. Avant l’arrivée des Français, le souk occupait une place centrale dans ce hameau, couvrant une large partie de l’espace et constituant un pôle économique et social majeur pour les populations locales.
Le peuplement officiel du village débuta véritablement avec la création des « colonies agricoles ». Plusieurs fermes furent établies à Agadi (actuel ARBID Ali) ainsi qu’à Montaigne (Cavallo), sur les terres séquestrées à la suite de la révolte de 1871. Par ailleurs, à partir de janvier 1900, des terres supplémentaires furent expropriées afin de constituer le périmètre urbain du hameau de Cavallo. Cette opération s’appuyait sur la décision du gouverneur général n° 6503 du 19 mars 1899, complétée par l’arrêté du 13 janvier 1900.
De nombreux ouvrages historiques et administratifs consacrés à la colonisation rurale en Algérie mentionnent la création de ce village ainsi que l’implantation des fermes coloniales sur les terres séquestrées. Ces sources soulignent le caractère emblématique de Cavallo comme exemple de la politique foncière coloniale mise en place à la fin du XIXᵉ siècle, fondée sur la dépossession des populations autochtones et la mise en valeur agricole au profit des colons européens.
Dates importantes à retenir concernant l’historique du village:
1– Le centre de population coloniale est créé par arrêté du 13 janvier 1900.
2– La commune est constituée par arrêté du 15 janvier 1957 sous l’appellation CAVALLO-ELAOUANA.
Le décret de la creation de la commune est mentionné dans le journal officiel de la république française du 20/mai/1957 sous le numéro 57-604.
Trois autres communes sont aussi créée, il s’agit de la commune de KISSIR, la commune de DAR ELOUED dont le siege se trouvait aussi à Cavallo et la commune de BENI FOUGHAL, le siege de cette dernier se trouvait au environ de REKKADA.
4–En 1963 par décret du 16 mai 1963 paru dans le journal officiel de la République Algérienne du 31 mai 1963 les communes de KISSIR de DAR ELOUED et de BENI FOUGHAL sont dissoutes et reparties sur les autres communes voisines, ainsi une partie du territoire de KISSIR(Draden) est intégrée à ELAOUANA et le reste à KAOUS, la commune de DAR ELOUED est repartie entre ELAOUANA et ZIAMA, quant à la commune de BENI FOUGHAL, la partie SELMA rejoint ELAOUANA et le reste à REKKEDA METLATINE TEXANNA.
5-La commune continue de porter le nom CAVALLO-ELAOUANA jusqu’en 1965, suite au décret n° 65-246 du 30 septembre 1965 paru dans le journal officiel du 7 décembre 1965, le nom CAVALLO est alors supprimé, la commune garde son appellation d’origine: ELAOUANA.
6-En 1984 la commune de SELMA BENZIADA est créée par décret n° 09-84 du 04/février/1984 et ainsi une grande partie de BENI FOUFHAL est alors inclus a cette commune.
L’ALGERIE VIVRA-T-ELLE? DE MAURICE VIOLLETTE GOUVERNEUR D’ALGERIE 1925-1927
À Montaigne, où sept lot de ferme de 98 à 130 hectares ont été créés en 1900 au moyen de terres séquestrées du douar El-Aouana.
L’IMPARTIAL DU 28 MARS 1897*
« Les terres d’El-Aouana destinées a la colonisation partent de l’Oued-Bourchaid, la première rivière que l’on traverse après l’Oued Kissir, et s’étendant jusqu’ auprès du cap Cavallo sur une longueur d’environ 4 kilomètres 500 et une largeur moyenne de 2 kilomètres de la mer au sommet de la première ligne de montagne, soit a peu prés 900 hectares »
Le 10 juillet 1899 il est donné avis que l’administration va continuer l’expropriation avec prise de possession d’urgence pour cause d’utilité publique des terrains désignés ci-après est reconnus nécessaires à la constitution du périmètre du hameau de Cavallo.
L’IMPARTIAL du 22 Mars 1891
la réponse du gouverneur général d’Algérie (copie du journal ci-dessous)
Alger, le 18 février 1891 Nous donnons aujourd’hui copie de la lettre de M.le gouverneur général au sujet de la création de ce village. Monsieur le préfet, Le 7 février courant, sous le numéro 1567, vous m’avez transmis un rapport par lequel le service des ponts-et -chaussées de Philippeville propose d’installer le future village d’Agadie sur un plateau situé près de l’Oued-Bourchaid, à l’altitude de 30 mètres et traversé par le nouveau tracé du chemin de grande communication numéro 29 de Bougie à Djidjelli. Aux termes de ce rapport, c’est en raison de l’insalubrité de la plaine qui domine le plateau que la commission des centres avait repoussé le choix de cet emplacement. pour le gouverneur général, Le conseiller de gouvernement délégué.
L’IMPARTIAL DU 18 MARS 1900*
« Agadie-Cavallo Nous sommes heureux d’annoncer de bonne source, que le peuplement européen de ces territoires est enfin décidé le territoire d’Agadie formé par les terres séquestrés sur la tribu d’El-Aouana, après l’insurrection de 1871, a été alloti en sept fermes d’environ cent hectares chacune, qui seront probablement vendues aux enchères publiques avec facilités de paiement. on lis aussi par arrêté du 13 janvier 1900, M le préfet de Constantine a prononcé l’expropriation pour cause d’utilité publique, de 90 hectares 51 ares nécessaires à la création du hameau de Cavallo ».
Les premiers colons sont donc installé, à cause de la fertilité et l’excellente qualité des terres, l’administration coloniale abandonne l’idée de créer un village à Agadi et décide alors d’implanter le centre de colonisation au niveau du hameau, le village est ainsi créé par arrêté du 13 Janvier 1900, suite à la décision prise le 10 Juillet 1899 par le préfet de Constantine.
L’IMPARTIAL du 18 Mars 1900 page 2 (copie du journal ci-dessous)
« Agadie-Cavallo Nous sommes heureux d’annoncer de bonne source, que le peuplement européen de ces territoires est enfin décidé le territoire d’Agadie formé par les terres séquestrés sur la tribu d’El-Aouana, après l’insurrection de 1871, a été alloti en sept fermes d’environ cent hectares chacune, qui seront probablement vendues aux enchères publiques avec facilités de paiement. on lis aussi par arrêté du 13 janvier 1900, M le préfet de Constantine a prononcé l’expropriation pour cause d’utilité publique, de 90 hectares 51 ares nécessaires à la création du hameau de Cavallo ».
L’IMPARTIAL du 28 Mars 1897:
(copie du journal ci-dessous)« Depuis dix ans, il est question de la création d’un village a Agadie; » -« Le future centre si bien figuré ne s’appellera plus Agadie, mais Cavallo » -« Il était préférable de projeter le nouveau village au cap Cavallo »
L’IMPARTIAL du 27 Juillet 1913
(copie du journal ci-dessous)
A Monsieur le préfet du département de Constantine Monsieur le préfet, « Les soussignés, habitants de Cavallo, et de Montaigne, ont l’honneur d’appeler votre attention sur les on-dit ci dessous. il serait parait-il, question de supprimer la commune mixte de Djidjelli, la partie sud serait attribuée a la commune mixte de Taher et la partie ouest, comprenant Cavallo, Montaigne et le douar El-Aouana serait la part qui reviendrait à Djidjelli plein exercice Nous protestons et protesterons par tous nos moyens. il est difficile d’administrer les indigènes en commune de plein exercice. El-Aouana qui a été insurgé en 1870 a toujours une population d’un caractère rebel et indépendant, peuplé de forets, ces indigènes gardant un esprit qui ne tarderait pas à devenir inquiétant ».
Le 10 juillet 1899 il est donné avis que l’administration va continuer l’expropriation avec prise de possession d’urgence pour cause d’utilité publique des terrains désignés ci-après est reconnus nécessaires à la constitution du périmètre du hameau de Cavallo
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