El Aouana est connue depuis l’antiquité comme étant un repère d’orientation pour les navigateurs de part sa position et ses abris naturels, le vieux port remonte à l’époque phénicienne, durant les siècles précédents, sur les cartes des anciens portulans le nom BALLAFIA est mentionné pour désigner l’espace compris entre  Ras El-Afia(Grand-Phare) et Cap Cavallo, le nom BALLAFIA  fait référence à Dziret El-AFIA ( Dzira Elkbira), à ne pas confondre avec Ras Afia(Grand Phare). Sur les plus anciennes cartes maritimes*  allant de l’antiquité classique jusqu’au 19eme siècle on constate les appellations. ILES CAVALLIS et BALLAFIA clairement mentionnés, sur d’autres cartes en latin les iles  portent le nom EQUORIUM INSULARUM  ce qui signifie(iles de Cavallo جزر الخيل). Sous l’ère de la  Mauritanie Césarienne El Aouana est citée comme étant  un promontoire Audon de Ptolémée( Audus promontoire).

Le nom EL-AOUANA attribué à la commune, vient de la tribu (caidat d’El-Aouana ou Douar elaouana). Le douar est officiellement composé des fractions suivantes:   Ouled Boubker, Ouled Tabaane, Ouled Saad, Beni Sekfal, Khracha, Beni Khzer et Ouled Mhammed, le douar se situe à 14 kilomètres de Djidjelli(jijel) il borde la mer méditerranée au nord et le douar des Beni foughal au sud.

Le livre ALGER SOUS LE DERNIER DEY paru en 1851 mentionne que pendant la période ottomane le douar s’appelait “confédération d’َelaouana” est se composait déjà des mêmes fractions sus citées. Il faut aussi savoir que l’appellation El Aouana comme le pensent certains ne vient pas du souk situé sur les hauteurs de Beni-Sekfal, c’est plutôt le contraire, ce marché a été nommé “SOUK ELAOUANA” en référence au douar. La création de ce souk remonte à l’année 1866 et c’est le résultat du commencement de la colonisation. En effet à cette époque il existait déjà plusieurs SOUK, notamment chez les Beni sekfal( souk larabaa et souk essebt)chez les Ouled mhammed (Kaa essouk) et le plus grand celui des Ouled boubker et Tbaana, pour favoriser et accélérer la colonisation, l’administration coloniale décide alors de supprimer tous les souks et de les rassembler en un seul endroit loin des contrées destinées à l’occupation, l’endroit est alors choisi sur les hauteurs de Beni sekfal dans un carrefour qui joignait la plupart des fractions, c’est alors que le nom SOUK ELAOAUANA lui est attribué pour signifier que c’est le souk de toute la tribu et de toutes les fractions.

On retient donc que: 

  • La tribu d’EL Aouana délimitée, désignée et constituée par arrêté du 25 octobre 1891 , elle se compose alors des fractions suivantes : Ouled-Boubker, Ouled-Tebaan(Tbaana), Ouled-Saad, Beni-Sekfal, Khracha, Beni-Khzar, Arb-Aftis, et Ouled-Mhamed.
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  • Le centre de population coloniale est créé par arrêté du 13 janvier 1900.
  • La commune est constituée par arrêté du 15 janvier 1957 sous l’appellation CAVALLO-ELAOUANA. 
  • La commune continue de porter le nom CAVALLO-ELAOUANA jusqu’en 1965, suite au décret n° 65-246 du 30 septembre 1965 paru dans le journal officiel du 7 décembre 1965, le nom CAVALLO est supprimé, la commune garde son appellation d’origine: ELAOUANA.
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Extrait du journal officiel du Gouvernement général de l’Algérie 25/Octobre/1891 page 1083

La tribu d’El Aouana, désignée par arrêté du 23 mars 1889, pour l’application du Sénatus-Consulte est située dans la commune mixte de Tababort à 14 kilomètres environ de la ville de Djidjelli, Elle est limitée :

  • au Nord par la mer Méditerranée ;
  • à l’Est par le douar Beni-Kaid (commune de Djidjelli) et le douar de Mrabet-Moussa(commune de Dusquene) ;
  • au Sud par la tribu de Beni-Foughal;
  • à l’Ouest par la tribu de Tababort.

Ce territoire excessivement accidenté et couvert en grande partie de boisement a une superficie totale de 9,328 hectares et une population de 2883 habitants, Les gens d’El-Aouana n’ont jamais pu être subjugués par les Turcs auxquels il ne payaient pas l’impôt, Obligés de reconnaître la domination française en 1851 et 1855, ils participèrent à tous les mouvement insurrectionnel qui éclatèrent dans la région de 1860 à 1871. A la suite du séquestre collectif apposé sur leurs biens, ils abandonnèrent à l’état à titre de rachat un cinquième de leur territoire, Les indigènes d’El-Aouana n’ont pas d’industrie ; ils sont sédentaires, ils tirent toutes leurs ressources de la culture de céréales, de vergers et jardins, et surtout de l’élevage du bétail auquel l’existence de terrain broussailleux assure en tout temps des pâturages. Leur cheptel se compose de 6033 têtes dont 3500 chèvres, ils payent annuellement 11,500 fr d’impôt La délimitation périmétrique n’a soulevée aucune contestation, la propriété affecte essentiellement le caractère privé, Population : 2883 ; groupes domaniaux : forets, 3724 h,30 a, autres immeubles ; 939 h,27a,81c, immeubles affectés : services communaux:261 h,04 a ; groupe de propriété privé 4222 h 77 a., 19 a ; domaine public : 180 h, 61a.